Concessions infimes, Turlutte des classes, À une chouille de me la coller… Et non, vous ne lisez pas ici des noms de bouteilles de vin, mais bien ce qui pourrait peut-être devenir un jour des voies d’escalade. C’est en tout cas à cet usage que Nolwen Berthier tient, de manière plus ou moins secrète, une liste qu’elle garde précieusement dans son téléphone afin de perpétuer la tradition de son sport.
Elle nous en dévoile quelques pépites, alors que nous nous dirigeons vers Buoux, dans le Lubéron, pour une session d’escalade au cours de laquelle nous souhaitons tendre l’oreille pour écouter ce que le vivant veut nous dire.
« Souvent, avant de faire un essai dans une voie dure, je me dis : grimpe comme un lion »
Nolwen Berthier
Pour Nolwen, rendre visible l’effondrement de la biodiversité par le biais de sa pratique sportive est devenu un cas d’usage. Websérie, prises de parole dans les médias, expéditions… Cette grimpeuse de falaise professionnelle, qui a gravi la Super Crackinette, tient à sensibiliser « sa grande famille de cœur », la communauté de l’escalade, à ce sujet.
Un thème d’autant plus important pour eux, qu’iels sont régulièrement confronté·es à des interdictions visant à protéger la nidification de certaines espèces d’oiseaux. Et qu’iels pourraient parfois être tenté·es d’envisager la protection du vivant uniquement sous le prisme de la contrainte.
« Si l’on ne creuse pas le sujet des interdictions de secteurs, on peut vite les voir comme une contrainte, alors qu’il y a quelque chose de sociétal derrière »
Nolwen Berthier
Écouter et recueillir les sons de la nature, c’est le travail de Marc Namblard, guide naturaliste, audio-naturaliste et auteur du livre À l’écoute du vivant (Bayard 2023). Il est le deuxième invité de cet épisode dans lequel nous explorons les liens existants entre la biodiversité et nos pratiques sportives.
Crédit Photo : Julien Félix
« Tous ces bruits accumulés perturbent la vie de certaines espèces qui utilisent les sons pour communiquer. Lorsque la bande passante qu’ils utilisent est saturée par des sons anthropiques, cela peut devenir compliqué pour eux. »
Marc Namblard
Mais (et c’est une petite nouveauté), il n’est pas le dernier invité. Dans cet épisode, nous avons également souhaité donner une place de choix au vivant, ou, pour reprendre les mots de Marc, à nos « colocataires » de session.
Des invité·es qui chantent, croassent, bourdonnent et occupent eux aussi le terrain.
Nous vous souhaitons une bonne écoute.
Cet épisode a été produit grâce au soutien de la fondation Petzl. Merci à eux.
Empreinte carbone
Sources et références
La websérie de Nolwen Berthier, Une Voie pour la Nature – #01 Vivante parmi les vivant.e.s
Le site internet de Marc Namblard et son dernier projet film : Le chant des forêts
L’appel à projets Pour une montagne solidaire de la Fondation Petzl
L’article, sur la pollution des salles d’escalade (Reporterre).
Le site internet de la LPO, et notamment le partenariat avec la FFME.
Les chiffres clés des Parcs nationaux de France.
L’outil de concertation Vercors en partage.
Le site de l’IUCN.
L’article, sur les causes de l’effondrement de la biodiversité (OFB).
La tribune pour défendre l’OFB face aux attaques qu’elle subit (Le monde).
Les sept (et non plus six) limites planétaires dépassées (RFI).
Mais aussi : Baptiste Morizot, Manières d‘être vivant (Actes Sud). Philippe Descola, Par delà nature et culture (Folio). Virginie Maris, La part sauvage du monde (Seuil). Le hors-série de Socialter Renouer avec le vivant. Marie-Claude Marsolier, Le mépris des « bêtes » (Puf)
À paraître sur la biodiversité : Tatiana Giraud, La biodiversité en infographies. L’urgence du vivant : comprendre pour agir (le 12 mars aux éditions Tana).
Enfin, un coup de cœur : la série, Le chant de l’extinction sur Arte de Jeanne-Marie Desnos.
Et pour finir, un grand merci à Anne-Caroline Prévot (directrice de recherches au CNRS), ainsi qu’à ses collègues d’avoir pris le temps de répondre à nos questions.